IL ÉTAIT UNE FOIS... SHÉRÉRAZADE
DIMANCHE 28 JUIN 2026 • 15H00 • THÉÂTRE ALEXANDRE DUMAS

raconté par Julie DEPARDIEU

Félix ROTH, cor
Victor GUÉMY, clarinette
Joséphine PLAGNOL, harpe
Marie-Aude MELLIES, violon
Alice POWER, piano
Julie DEPARDIEU, récitante
IL ÉTAIT UNE FOIS... SHÉHÉRAZADE
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Véritable voyage au cœur des Mille et Une Nuits, ce concert propose une immersion sonore dans l'univers des contes orientaux où la parole de Shéhérazade se mêle aux couleurs chatoyantes de la musique. À travers une sélection d'œuvres du répertoire romantique et moderne, ce programme tisse un dialogue entre la narration théâtrale et l'évocation musicale, entre l'Orient rêvé des compositeurs européens et la virtuosité transcendante des interprètes. De la grâce aérienne de la harpe aux arabesques envoûtantes du violon, des volutes sensuelles de la clarinette aux accents héroïques du cor, chaque œuvre déploie sa propre magie. Julie Depardieu prêtera sa voix aux récits millénaires qui, entrecoupés de ces tableaux musicaux, nous transportent dans un univers où le merveilleux et la réalité se confondent. Ainsi, au fil d'un parcours à large spectre, la richesse instrumentale se love dans la liberté poétique et les harmonies d'un Orient fantasmé avec une générosité proverbiale.
Amilcare PONCHIELLI : La Danse des Heures
Extrait de l'opéra La Gioconda (1876), cette célèbre page orchestrale du compositeur italien Amilcare Ponchielli (1834-1886) déploie une suite de danses allégoriques représentant les différentes heures du jour. Tour à tour aube, jour, crépuscule et nuit s'incarnent dans un ballet chatoyant où la grâce le dispute à la virtuosité. Par son charme immédiat et sa légèreté de touche, cette transcription pour piano solo conserve toute la séduction de l'original orchestral. Les thèmes mélodiques s'enroulent avec une aisance naturelle tandis que les instruments dialoguent dans une conversation élégante, offrant une ouverture lumineuse à ce voyage musical qui nous emportera bientôt vers l'Orient des songes.
Gabriel FAURÉ : Impromptu Op. 86 pour harpe
Composé en 1904, cet Impromptu de Gabriel Fauré (1845-1924) révèle toute la sensualité de l'écriture du maître français lorsqu'il s'adresse à la harpe. Instrument aux origines ancestrales souvent associé aux légendes et aux contes, la harpe trouve ici sa voix la plus intime. Fauré, avec sa délicatesse coutumière, brosse un paysage sonore aux harmonies subtiles et raffinées. Les arpèges fluides et les mélodies à fleur de peau créent une atmosphère onirique qui n'est pas sans évoquer les palais enchantés et les jardins merveilleux des récits orientaux.
Claude DEBUSSY : Première Rhapsodie pour clarinette et piano
Écrite en 1910 comme morceau de concours pour le Conservatoire de Paris, cette Rhapsodie de Claude Debussy (1862-1918) magnifie les possibilités expressives de la clarinette. Sensible aux cultures venues d'ailleurs, Debussy a toujours su sublimer l'exotisme et son étrangeté. Ici, la clarinette épouse tour à tour langueur méditative et exubérance virtuose, tandis que le piano dessine un écrin harmonique d'une richesse kaléidoscopique. Les volutes sinueuses de l'instrument à vent évoquent immanquablement les arabesques orientales et les parfums des nuits dans les jardins d'Ispahan. Avec finesse, Debussy brosse un tableau impressionniste aux couleurs chatoyantes où rêverie et sensualité se mêlent dans une alchimie sonore qui réalise une forme de quadrature du cercle entre tradition française et inspiration orientale.
Reinhold GLIÈRE : Romance Op. 35 pour cor et piano
Le compositeur russe Reinhold Glière (1875-1956) offre avec cette Romance une page lyrique d'une profonde tendresse. Le cor, instrument aux résonances nobles et chevaleresques, se fait ici voix du cœur dans un chant d'une grande pureté mélodique. La ligne vocale de l'instrument épouse les courbes expressives chères au romantisme tardif, tandis que le piano accompagne avec une délicatesse toute en retenue. Cette œuvre confidentielle, empreinte de nostalgie et de sérénité, rappelle que l'Orient des contes n'est pas seulement exubérance et virtuosité, mais aussi intériorité et contemplation. Glière, par son pouvoir d'empathie, nous offre un moment de respiration poétique où transparaissent volupté et sentiment profond.
Camille SAINT-SAËNS : Romance en Fa Op. 36 pour cor et piano
Composée en 1874, cette Romance du grand maître français Camille Saint-Saëns (1835-1921) appartient à la tradition des pièces de salon prisées au XIXe siècle. Le cor y déploie toute sa noblesse dans une mélodie aux accents français, entre élégance classique et sensibilité romantique. Saint-Saëns, compositeur éclectique qui s'intéressa à l'Orient comme en témoigne son célèbre Samson et Dalila, confère ici au cor une voix chantante d'une grande souplesse. Le piano tisse un accompagnement raffiné qui soutient sans jamais étouffer la ligne mélodique.
Aram KHACHATURIAN : Trio pour violon, clarinette & piano : III. Moderato
Le compositeur arménien Aram Khatchaturian (1903-1978) puise dans les sources de la musique orientale pour créer une œuvre d'une originalité saisissante. Ce troisième mouvement, Moderato, déploie une atmosphère à la fois méditative et dansante où se mêlent influences caucasiennes et écriture moderne. Les trois instruments dialoguent dans un tissu contrapuntique d'une grande richesse, alternant passages mélancoliques et élans rythmiques. Khatchaturian, par son attachement aux racines folkloriques de son pays natal, réalise une fusion unique entre Orient et Occident. Les mélodies aux inflexions modales caractéristiques se parent d'harmonies audacieuses tandis que les rythmes irréguliers évoquent les danses ancestrales du Caucase. Cette musique, à la croisée du savant et du populaire, nous transporte vers un Orient authentique, loin des clichés orientalistes.
Fritz KREISLER / Nikolai RIMSKI-KORSAKOV : Shéhérazade (Danse Orientale)
Le Viennois Fritz Kreisler (1875-1962), par son charisme et son charme envoûtant, appartient à la légende du violon, mais il fut aussi transcripteur de renommée internationale. Avec une porosité inimitable, il capta les styles des différents pays où sa fantaisie naturelle s'exprima avec une générosité proverbiale. Ici, il s'empare de thèmes extraits de la fameuse suite symphonique Shéhérazade de Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908) pour créer cette éblouissante Danse Orientale. Le violon, incarnant la voix même de la conteuse des Mille et Une Nuits, déploie toute sa palette expressive dans une cascade de virtuosité où s'entraînent frénétiquement arabesques ornementales et glissements spectaculaires. Kreisler apporte dans son adaptation profondeur et sentiment poétique, sublime l'exotisme chatoyant de Rimski-Korsakov et lui confère un pouvoir d'empathie qui n'appartient qu'à lui.
Fritz KREISLER / Nikolai RIMSKI-KORSAKOV : Chanson Arabe
Autre adaptation du maître viennois puisée dans le même trésor orchestral de Rimski-Korsakov, cette Chanson Arabe offre un contraste saisissant avec la Danse Orientale. Ici règne la contemplation, la rêverie aux rythmes nostalgiques. Le violon chante avec une intensité retenue, brodant des ornements délicats sur une mélodie langoureuse qui évoque les parfums des nuits orientales. L'accompagnement du piano, discret et harmonieux, crée un écrin sonore aux couleurs subtiles. Kreisler, dans cette transcription intimiste, révèle toute la saveur d'un lyrisme à fleur de peau où volupté et tendresse transparaissent dans chaque phrase musicale.
Aram KHATCHATURIAN : Danse du Sabre
Tirée du ballet Gayaneh (1942), cette Danse du Sabre d'Aram Khatchaturian constitue un classique porté à son acmé par d'innombrables interprètes. Dans cette pièce spectaculaire qui conclut notre voyage musical, la virtuosité et le panache atteignent leur apogée. Les rythmes effrénés et les accents martelés évoquent la danse guerrière caucasienne dans toute sa splendeur. La transcription pour notre ensemble déploie une énergie électrisante où chaque instrument rivalise de brio. Les mélodies aux inflexions orientales se parent d'harmonies percutantes tandis que le rythme implacable entraîne les interprètes dans une cascade de vélocité. Khatchaturian, figure mondiale de la musique du XXe siècle, offre ici un final éblouissant qui répond pleinement à l'exubérance rythmique entraînante des récits de Shéhérazade.

Julie Depardieu
Récitante
Julie Depardieu est une comédienne française née le 18 juin 1973 à Boulogne-Billancourt. Fille des acteurs Gérard Depardieu et Élisabeth Depardieu, et sœur du comédien Guillaume Depardieu, elle grandit dans un environnement artistique marqué par le cinéma et le théâtre. Pourtant, son parcours ne suit pas immédiatement une trajectoire toute tracée. Passionnée par la réflexion et la littérature, elle entreprend des études de philosophie à l’université Paris-Nanterre, où elle obtient une maîtrise. Parallèlement, elle découvre progressivement les métiers du cinéma en travaillant d’abord en coulisses, notamment comme assistante sur différents tournages, ce qui lui permet d’acquérir une connaissance concrète du milieu avant de passer devant la caméra.
Elle fait ses premiers pas au cinéma dans les années 1990, notamment dans Le Colonel Chabert, où elle apparaît aux côtés de son père. Au fil de la décennie, elle enchaîne les rôles secondaires et les collaborations avec des réalisateurs de cinéma et de télévision. Sa carrière prend un tournant décisif au début des années 2000 lorsqu’elle tourne avec le réalisateur Claude Miller. Son interprétation dans La Petite Lili lui vaut en 2004 une reconnaissance exceptionnelle : elle reçoit à la fois le César du Meilleur espoir féminin et celui du Meilleur second rôle féminin. Ce double prix révèle au grand public une actrice au jeu singulier, capable d’allier fantaisie, sensibilité et profondeur. Elle confirme ce talent quelques années plus tard en remportant un troisième César pour son rôle dans Un secret.
Au cinéma, Julie Depardieu développe une filmographie éclectique, alternant comédies populaires et films d’auteur. Elle apparaît notamment dans Podium, Les Femmes de l’ombre, ou encore dans l’adaptation du roman de Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles. Son goût pour les personnages atypiques et sensibles lui permet de s’imposer comme l’une des actrices les plus originales de sa génération. Parallèlement, elle mène une carrière importante à la télévision et rencontre un large public avec la série Alexandra Ehle, dans laquelle elle incarne depuis 2018 une médecin légiste brillante et fantasque.
Au-delà du cinéma et de la télévision, Julie Depardieu entretient un lien profond avec la scène. Elle joue régulièrement au théâtre et se distingue par son goût pour les projets artistiques hybrides, mêlant texte, musique et narration. Passionnée de musique classique depuis l’enfance, elle développe au fil des années une collaboration étroite avec des orchestres, des ensembles et des institutions lyriques. Elle conçoit ainsi des spectacles musicaux où elle prête sa voix à des textes littéraires ou à des correspondances d’artistes, accompagnée par des musiciens. Cette approche lui permet de faire dialoguer le théâtre et la musique, en proposant une manière vivante et accessible de découvrir le répertoire classique.
Son engagement dans le domaine musical l’amène également à s’intéresser à la mise en scène. Elle a notamment signé des projets autour de l’opéra, parmi lesquels une production des Les Contes d’Hoffmann, ainsi que des adaptations de The Magic Flute destinées au jeune public. À travers ces réalisations, elle cherche à transmettre sa passion pour l’opéra et à ouvrir ce répertoire à de nouveaux spectateurs, en privilégiant l’imagination, la narration et le dialogue entre les disciplines artistiques.
Artiste curieuse et éclectique, Julie Depardieu poursuit aujourd’hui une carrière riche qui traverse les frontières entre cinéma, théâtre et musique. Son parcours témoigne d’un goût constant pour l’exploration et la création, ainsi que d’un profond attachement au spectacle vivant. En s’impliquant dans des projets musicaux et lyriques, elle contribue à renouveler la rencontre entre les arts et à partager avec le public une vision sensible et personnelle de la musique classique.





