★ DIRECTION ARTISTIQUE

Entretien avec Thomas Lefort
Violoniste et directeur artistique
Comment est né ce nouveau festival ?
Tout est parti de cette idée un peu folle : inviter de jeunes musiciens à un rendez-vous convivial et favoriser des approches musicales sensiblement différentes que celles proposées par les programmations classiques pour accueillir un public plus large.
J’ai donc imaginé des évènements réunissant de jeunes artistes, avec des moments de rencontre et de poésie accessibles à tous, y compris sans connaissances musicales, pour tous les âges, quelque soit la situation sociale, pour que tout le monde puisse y trouver du plaisir.
Pourquoi “Les Étoiles du Classique” ?
Il y a plusieurs sens derrière ce nom. Les étoiles, ce sont les jeunes talents de la musique classique qui sont conviés. C’est aussi un clin d’œil à la danse.
“Classique”, parce que c’est le mot qui permet le plus facilement d’identifier la musique qu’on y donnera, pourvu que ce choix ne soit pas perçu comme délimitant une frontière stylistique fermée mais bien au contraire comme un lien de rencontre qui pourra également accueillir d’autres styles musicaux.
Quels musiciens voulez-vous inviter ?
Notre philosophie est de réunir de nouveaux talents, pas seulement pour leurs qualités artistiques mais aussi pour leur sensibilité, leur générosité et leur envie de partager des moments d’échanges forts avec le public. Ces artistes sont issus des meilleurs conservatoires nationaux ou internationaux et se sont déjà fait remarquer pour leurs qualités instrumentales et le prestige de leur parcours, mais aussi pour leurs qualités humaines.
Dans quelles directions pensez-vous développer le festival ?
Notre idée est que le festival soit d’abord un tremplin pour ces jeunes talents qui sont les grands artistes de demain. Nous essaierons de créer davantage de liens avec d’autres univers musicaux, d'améliorer les concerts et d’inventer toujours plus de nouveaux formats de rencontre avec le public.
Quels liens souhaitez-vous créer avec le Conservatoire de Paris ?
Le Conservatoire de Paris est une institution quasi-sacrée avec plus de 200 ans d’histoire. Mais aussi avec le Conservatoire National de Lyon, nous souhaitons aider les étudiants qui en sortent diplômés en leur offrant une importante visibilité et en les accompagnant dans leur insertion professionnelle, qui n’est pas toujours un moment facile, surtout aujourd’hui. C’est pourquoi nous accueillerons pour cette sixième édition, en partenariat avec les Conservatoires Nationaux Supérieurs de Musique et de Danse de Paris et de Lyon et l’École Normale Cortot , plus de 200 jeunes musiciens talentueux, étudiants et alumnis dont certains feront notamment partie de l’Orchestre Symphonique des Étoiles du Classique.
Parlez nous de votre initiative sur l’autisme ?
L’autisme est une cause qui me touche personnellement et depuis longtemps. Ma soeur en est atteinte. Je souhaite ouvrir les portes des concerts aux personnes souffrant de ce handicap pour qu’elles puissent profiter avec nous de la magie de la musique live parce qu’elle leur permet de s’épanouir, de communiquer et de partager des moments d’émotion avec les autres. Elles y ont droit comme tout le monde. La musique peut d’ailleurs être thérapeutique pour certains, au sens où elle est enveloppante, rassérénante, relaxante. C’est pourquoi nous accueillerons dans le public du Festival plus de 100 jeunes en situation d’autisme et leurs accompagnateurs. C’est aussi une façon de contribuer à la sensibilisation de tous au handicap en général, une cause à laquelle je suis évidemment très sensible.
Vous n’êtes pas seul sur ce projet ?
Ce projet n’aurait jamais pu voir le jour sans ma rencontre avec Patrick Petit, grand mécène au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris. La complicité forte et le duo que nous avons formé à la tête du festival était assez inédite et explique, pour une grande part, le succès du festival. Il reste à nos côtés.
En 2026, l’Association a désigné un nouveau Président qui assure la relève et la continuité du Festival. Philippe Roche est, depuis nombreuses années, très impliqué dans le monde musical au service des artistes. Avec ses qualités de dirigeant d’entreprises qu’il a toujours été, il m’aide à structurer et professionnaliser le festival. Nous partageons une même vision et nous nous rejoignons sur les mêmes enjeux. Ensemble, et avec toute l’équipe, nous voulons aider la musique classique (au sens le plus large) et défendre son avenir.
Je suis entouré sur ce projet par une merveilleuse équipe de 50 bénévoles, notamment au sein de l’association qui organise l’évènement mais aussi par la mairie de Saint Germain en Laye, qui a su nous faire confiance dans le lancement de ce projet.






